Ephphatha, ou le muet bavard

Opéra-bouffe de Léo Kiehl sur un livret de Odilon Flamand

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Samedi 11 juin 2022 à 20h00

Dimanche 12 juin 2022 à 19h00

L’opéra-bouffe Ephphatha prend place dans un couvent espagnol à l’été 1868. Camille, se travestit en nonne pour entrer dans ce couvent où il espère reconquérir Aurore, une femme aimée et trahie, qui, par désespoir, s’est faite novice. Aidé par un jardinier qui contrefait le sourd-muet pour retrouver sa fille, il devra surmonter les foudres vengeresses de sœur Soledad à qui il s’est tout d’abord ouvert abusé par le voile des religieuses, l’étroitesse d’esprit de l’abbesse et sa propre bêtise. L’intelligence du jardinier, deus ex machina, viendra le sauver in extremis.

L’intrigue prend place un mois avant la révolution qui devait détrôner la reine Isabelle II. D’une manière symbolique, l’opéra se déroule donc à un épisode charnière de l’évolution des mœurs. Le personnage de l’abbesse, torturée par ses sentiments et ses vœux, incarne ce déséquilibre moral.

L’intrigue, nichée dans ce couvent espagnol, véritable topos à l’époque-clef du XIXème siècle, reprend des personnages-types : l’amant travesti, la vieille abbesse, la jeune amoureuse délaissée puis retrouvée... tout en les réinventant. Les mentalités, sans doute plus proches de notre temps que de celui de la scène, doivent permettre au spectateur de mettre un pied dans le passé tout en conservant des éléments contemporains, par confort et par amusement. La déclaration d’amour du héros est ainsi inspirée d’une vieille hymne chrétienne, l’hymne d’Oxyrhynque.

Ephphatha s’inspire lointainement d’une nouvelle du Décaméron de Boccace, à l’intrigue plus simple et plus courte. La modernisation de ce matériau est au cœur de la réalisation du projet, avec une veine originelle satirique et presque outrancière qui, tout en étant atténuée, raffinée, ne pouvait s’effacer complètement.

Opéra-bouffe, Ephphatha présente bien entendu les codes du genre aussi bien à travers le livret que par la musique tout en cherchant à les réinventer, les déformer, les parodier et à leur rendre hommage. Le librettiste et le compositeur trouvent une inspiration commune chez Offenbach, maître reconnu du genre. On peut également trouver dans le texte des influences de Meilhac et Halévy notamment et de Rossini dans la musique.

Le texte se veut construit comme un jeu adressé au spectateur connivent, relecture assumée des grands opéras servis à la bourgeoisie parisienne dans la seconde moitié du XIXème siècle, il est construit sur une vision déformée de lui-même.

Direction : Tobias Bodaud

Mise en scène : Tobias Bodaud et Saële Simon

Décor : Ninon Barth 

Lumières : Typhaine Gélard

Camille : Léo Thiery

Aurore : Tanina Laoues

Le jardinier : Tormey Woods

L'abbesse : Emma de la Selle

Soledad : Ananda Dingenen

Choeur : Lou Gueguen-Lucas / Saële Simon / Gabrielle Outrebon / Finoana Beulque

Orchestre Écus'Son

Tarif plein 20 euros / Tarif réduit 12 euros (Etudiants / -18 ans) ​

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